mardi 28 août 2012

Effacer la peur.

Touche par touche, les articles de ce blog ont pour effet d'effacer en nous les croyances qui nous encombrent. Ils n'ont pas pour but de les remplacer par d'autres croyances, ils fonctionnent à leur manière comme un chantier de démontage...

Ce matin, j'aimerais partager avec vous l'adaptation d'une méditation boudhiste que vous connaissez peut-être.

Il s'agit d'imaginer le moment de sa mort avec autant de ressenti possible et autant de fluidité possible. Le but de la pratique n'est pas de favoriser l'émotionnel mais juste la simplicité de la sensation. Si vous souhaitez tenter cette expérience, accordez-vous un moment de tranquilité pour la vivre et suivez-moi.

"Je ne pense plus au corps, je laisse mon esprit se libérer doucement naturellement de la pesanteur. Je prends mon temps, le temps de me sentir de plus en plus léger,un peu comme un nuage, voire même plus léger qu'un nuage...

C'est très agréable, je me sens petit à petit libéré des sensations physiques de "lourdeur" qui m'accompagnaient de mon vivant. Aucune douleur, aucune tension, rien qu'une fluidité totale, une transparence pleine de bien être, aucune zone de tension. C'est étonnant, inhabituel, très agréable. C'est comparable à la sensation de l'endormissement mais dans une totale lucidité.

Je ne m'endors pas, je vis l'expérience pleinement. Je pense : "je remets librement mon corps et mon esprit entre les mains de l'Univers, je n'ai plus besoin de gérer, de contrôler, je suis pris en charge totalement par l'esprit.Je ne suis plus rien et pourtant -JE SUIS-"

Je peux maintenant lâcher tous mes"problèmes", je lâche prise, j'ouvre la main et laisse tout tomber, je suis en état d'apesanteur. Je n'ai pas besoin de visualiser mon corps mais je sens qu'il flotte partout et nulle part et qu'il n'est plus lié à aucune forme.

Je vois ou je sens la présence de personnes que je connais, elles entourent ma forme avec un air de circonstance. Je souris à cette idée : en tant qu'humain moi aussi j'avais mon répertoire d'airs de circonstance.

Inutile de visualiser la situation, l'image est là, très nette. Je sais que cette scène ne concerne pas ce que je suis vraiment. Cette conscience que j'habite ici et maintenant, souple, légère, capable de se poser où elle veut, comme un papillon, n'a plus rien à voir avec cette forme qui était moi et la scène qui l'entoure.

Je réalise aussi que je peux agir sur les émotions de ceux qui ont constaté mon départ. Je resens une énergie paisible, un sentiment d'amour qui rayonne du centre de mon être et qui les enveloppe. Traduite en mots elle dirait : "Tout va bien pour moi, tu sais bien que ce n'est pas moi, je suis là, près de toi, je peux même t'envelopper de ma paix et de mon amour..." Là encore, pas besoin de "volonté" tout se passe spontanément, légèrement, naturellement...

Je dispose maintenant d'une totale liberté de mouvement et je réalise l'influence de mes sensations sur tout ce qui m'entoure. Mes idées m'attirent comme des aimants lorsque je les place quelque part. C'est très simple, que je pense à un lieu ou à une personne, je me sens aussitôt naturellement attiré sans avoir le moindre besoin de visualiser ou d'imaginer...

Cette découverte est fascinante. Je la savoure un moment,comme un nouveau jeu : je pense tout simplement à des noms de personnes et de lieux et je laisse juste mon énergie les rejoindre...

Une scène attire maintenant mon attention.
Sur les bords d'un fleuve qui me fait penser au Gange, un bûcher est dressé. Je m'en approche et découvre sans surprise que s'y trouve exposée une forme qui n'est autre que ce que j'ai été de mon vivant.

Je m'en approche. J'observe ces traits familiers, retrouvant les aspects que j'ai aimés et ceux que je n'ai pas aimés dans mon "apparence physique". Ce masque d'humain m'a accompagné tout au long de cette vie. C'est un aspect si familier que j'avais fini par le prendre pour moi.

Il repose maintenant, paisible, souriant doucement, comme les statues de cire que l'on voit dans certains musées...J'éprouve une sensation étrange.

Je remercie cette forme, plus par habitude qu'autre chose car je sais que je n'ai plus rien à voir avec elle. Je sais juste qu'avec elle seront emportées tous les souvenirs dont je n'ai plus besoin. L'essentiel, je l'ai en moi, cette conscience qui observe est la seule chose qui mérite vraiment d'être conservée, toutes mes expériences ont été intégrées à mon être, j'ai appris tout ce dont j'avais besoin, je n'ai même pas à trier...

Je laisse les images du film défiler...

...Le brasier a maintenant tout absorbé, la forme, les souvenirs, tout ce qui ne nécessitait pas d'être conservé. Les troubles, les attachements, les "erreurs", les remords, les regrets,..., tout cela est en ce moment emporté vers la mer par les eaux puissantes du fleuve, tout est dédramatisé : de la cendre liquide. Je me sens totalement régénéré, nouveau né et éternel. Je rends grâce pour tout : "Merci".

J'observe le flot limpide. Il ne reste plus rien de ce que j'avais cru être et pourtant, chose étrange, je suis toujours là, transparence. Je peux tout voir, je suis partout et nulle part à la fois, j'ai accès à tout. Je me sens libre, enfin libre et léger...libre et léger...

Ce "voyage" m'a permis de prendre conscience de l'essentiel.
J'ai fait l'expérience de l'état de "rien" qui permet d'accéder au tout, sans attachement, sans rien, rien, rien...

Je comprends mieux la phrase "Je vis dans le monde mais je ne suis pas du monde...".

J'ai maintenant moi aussi acquis la capacité de laisser ma vie et la reprendre, à volonté. Cette méditation me permettra lorsque je le souhaiterais, d'approfondir ce détachement ...Je pourrai la répéter autant que je le désire. Elle me donnera chaque fois un peu plus profondément l'occasion de m'ouvrir à ma véritable nature et elle me permettra d'accéder à volonté à toutes les dimensions...

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