jeudi 20 septembre 2012

Le "business" de Dieu

Evoquer l'expérience de célèbres mystiques du passé comme Jean de La Croix, Thérèse d'Avila, Yeshouah Ben Yossef ou Bouddha n'est pas une incitation à tout laisser tomber pour se réfugier dans la prière et la méditation...L'expérience du "désert" est vécue par chacun là où il se trouve dans l'instant. L'homme d'affaire pourra la rencontrer sur son chemin professionnel comme la "femme au foyer" dans sa relation avec sa famille.

La distinction "monde profane"vs "monde spirituel" est une illusion. Lorsqu'il peut être entendu, l'appel de l'Esprit retentira; que nous nous trouvions aux toilettes, dans la rue, dans un lieu de culte ou même dans un lieu qualifié de "lieu de débauche"...

Le moment où nous serons à même de l'entendre sera notre sanctuaire. Des difficultés financières dans une entreprise, des décisions cruciales à prendre, l'impression d'être perdu dans les difficultés, des problèmes "de santé", c'est là que les choses se passent! Ces expériences invitent toujours à l'ouverture, au lâcher prise!Ce sont des monastères de chair et de sang placés sur notre chemin.

Face aux problèmes on peut se dire : "Je suis là à cause d'une erreur, d'un dysfonctionnement,...de la crise économique, de ceci ou de cela..." ou l'on peut se rappeler certaines idées qui ont attendu ce moment quelque part en nous et qui disent : "L'Esprit te parle, écoute-le et laisse le te guider à travers les peurs qui veulent te retenir"..."vois, ces craintes sont l'ombre de ton passé qui dissimule la lumière de ton présent..."

C'est dans ces moments que laisser s'effacer le connu est plus important que jamais.L'attachement au connu est toujours un réflexe de peur. Une "crise" traduit toujours une résistance à "l'inconnu". Ce que nous pensons ne marche plus mais nous essayons à tout prix de faire en sorte que ça fonctionne.La seule chose à faire est d'accepter l'inconfort, de laisser la nouveauté se déployer afin qu'elle nous féconde et nous conduise vers de nouveaux rivages...

C'est dans de tels moments que les "petites phrases" des "mystiques" peuvent soutenir notre foi, nous aider à marcher dans l'obscurité et parfois à nous inspirer de manière subliminale des principes de management ou de gouvernement.

Rappelons nous celle que je citais il y a quelques semaines dans ce blog :

"Personne ne songe à couper un morceau d'un habit neuf pour rapiécer un vieux vêtement. Sinon on abîme l'habit neuf, et la pièce d'étoffe qu'on y aura découpée jure avec le vieil habit.

De même, personne ne met dans de vieilles outres du vin qui fermente encore, sinon le vin nouveau les fait éclater, il se répand, et les outres sont perdues.

Non, il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves."


N'est-ce pas le principe appliqué "en esprit et en vérité" par tous les dirigeants qui réussissent à "surfer" sur les difficultés économiques. N'est-ce pas à contrario l'explication du déclin de tous les "empires" qui n'ont pas accepté de se remettre en cause...

C'est dans de tels moments que la question des attentes peut être contre productive car on recherche le plus souvent ce que l'on connaît déjà...Nos attentes sont souvent l'expression de notre absence de confiance dans l'imagination de la Vie.

Celle-ci nous donne pourtant bien à travers ses manifestations la preuve qu'elle a pour La Création toute entière une vision qui dépasse de loin la notre.Ne faisons-nous pas partie de la Création?

Les principes exprimés par certains mystiques comme la plupart des principes religieux n'ont pas été communiqués pour rester limités à certains moments de nos vies. La plupart des "grands dirigeants" ont eu leurs conseillers "spirituels"...C'est devant la difficulté, au moment où toutes nos "connaissances" semblent inefficaces qu'il peut-être vital de se souvenir d'une phrase comme celle-ci :

"Tu m'invoqueras :
Tu es mon Père, mon Dieu et le rocher de mon salut! Et moi je ferai de toi le premier né. Le plus élevé des rois de la terre..."


Répéter cette phrase du bout du coeur pendant une messe n'a pas grande utilité. C'est au moment où il ne reste pas d'autre planche de salut que ces quelques mots qu'il faut les saisir, s'y hisser à bras le corps. C'est LE MOMENT où on peut en découvrir le CODE...Pas intellectuellement, totalement...

Au moment où tout semble nous échapper,lorsque les vagues autour semblent sur le point de nous emporter, réussir à penser de tout notre coeur : "Tu est mon Père, mon Dieu et le rocher de mon salut!"ET s'accrocher coûte que coûte à cette promesse, c'est une chance de faire l'expérience de la Révélation. Grâce à une innocente petite phrase...

"...en vérité, je vous le dis, si quelqu'un garde ma parole, il ne verra jamais la mort."


Ce n'est pas à cause de la perte du "sentiment religieux " que de nombreux lieux de cultes se vident et que certains sanctuaires parfois même situés en plein centre ville sont convertis en "marchés" ou en "centres culturels" faute de ressources pour les faire vivre...

Tout "business" est le business de Dieu. Qu'il s'agisse d'une entreprise à but "lucratif" ou d'un lieu de culte à but "spirituel"...Les principes sont identiques... L'"Abondance" divine ne peut s'exprimer qu'à travers des "oeuvres vivante" et nos "oeuvres" ne sont "vivantes" que lorsque nous sommes pleinement réceptifs à l'esprit qui nous guide et non pas à la "lettre"...

Qu'il s'agisse d'une campagne pour le publicitaire, d'une messe pour un prêtre, d'un plan de restructuration pour un dirigeant, d'une plaidoirie pour un avocat,de l'aménagement d'un jardin pour un paysagiste ou du ramassage des ordures ménagères, ...dans tous les cas il s'agit simplement de rendre manifeste cette Présence qui est en nous et qui dit :

"Celui qui a planté l'oreille
n'entendrait-il pas?
Celui qui a formé l'oeil
ne verrait-il pas?"


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